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En justes noces

En justes noces

En justes noces

Alice Delarue

 

S’aile à mourre… tel est le nom de la Newsletter avec laquelle vous convolerez vers les 48e Journées de l’ECF[1]. Elle le doit – vous l’aurez reconnu – au Witz qui donne son titre au Séminaire XXIV de Jacques Lacan, et gageons qu’elle parviendra à se « donner pour porteuse de savoir »[2], un savoir extrait des noces impossibles de l’inconscient et du sexe.

Si la plupart du temps le mariage est issu du hasard d’une rencontre, il se soutient aussi d’une reconnaissance entre les savoirs inconscients de chacun des sujets. C’est là qu’on peut établir une analogie avec l’antique jeu de la mourre où les deux joueurs, face à face, ouvrent simultanément leurs mains en levant autant de doigts qu’ils le désirent, tout en annonçant le nombre dont ils pensent qu’il correspondra à la somme totale des quatre mains. Mais point de salut dans la routine pour Lacan : « Savoir ce que le partenaire va faire, ce n’est pas une preuve de l’amour »[3]. Le pari est à renouveler sans cesse.

Chaque semaine, S’aile à mourre vous emmènera donc vers le blog des Journées en s’attachant à vous surprendre. « Pour le meilleur et pour le pire », « Ailleurs si j’y suis », « Du duo au duel », « Pas ce soir », « Institutions à deux », « Tyrannie domestique », et toutes les autres rubriques nous promettent d’ores et déjà d’examiner la question du mariage et de son lien au sexuel sous toutes les coutures, sans se priver de mettre au jour leurs aspects les plus piquants. Les responsables de rubrique et les futurs auteurs vous proposeront des textes resserrés mais enseignants, puisant tant dans la psychanalyse qu’au sein des disciplines affines à elle, tant dans l’histoire de l’institution maritale que chez les phénomènes et les signifiants les plus contemporains, explorant aussi bien les fonctions du sacrement que celles de l’infidélité ou du célibat.

Dans les deux premiers numéros de S’aile à mourre, vous aurez la chance de lire des interprétations saisissantes du thème par les directeurs des Journées et les membres du comité scientifique. Ces huit interviews composent, vous le verrez, une formidable table d’orientation, tout en ouvrant des pistes multiples que les textes à venir ne manqueront pas de poursuivre.

[1] Le comité de rédaction de S’aile à mourre est composé de : Alice Delarue (responsable), Laurent Dumoulin, Isabelle Chevrier, Sarah Dibon et Nadège Duret.

[2] Lacan J., Le Séminaire, livre XXIV, « L’insu que sait de l’une-bévue s’aile à mourre », leçon du 15 février 1977, inédit.

[3] Lacan J., Le Séminaire, livre XX, Encore, texte établi par J.-A. Miller, Paris, Seuil, 1975, p. 133.

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