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La cause du désir

La cause du désir

En feuilletant les magazines, je m’aperçois que tous convergent vers une même définition du coup de foudre : une brûlure intense, le bonheur à l’état pur qui peut frapper n’importe quand !

Alors, deux cœurs qui s’unissent dès le premier regard ?

Déception : « Le coup de foudre ne vient pas du cœur, non ! », décident les chroniqueurs. Et d’expliquer qu’il vient du cerveau qui « contrôle » nos sensations, nos émotions. Le corps produit des molécules du bonheur, à savoir des dopamines, de l’ocytocine et des endomorphines. Alors, l’amour est une drogue ?

Jacques-Alain Miller, dans un entretien en 2008 avec Hanna Waar pour Psychologies Magazine, redonne ses lettres de noblesse au coup de foudre : « Il y a ce que Freud a appelé Liebesbedingung, la condition d’amour, la cause du désir. C’est un trait particulier – ou un ensemble de traits – qui a chez quelqu’un une fonction déterminante dans le choix amoureux. Cela échappe totalement aux neurosciences parce que c’est propre à chacun, ça tient à son histoire singulière et intime. Des traits parfois infimes sont en jeu. »

Prenant l’exemple du roman de Goethe, Les souffrances du jeune Werther, J.-A. Miller montre que, du côté masculin, le fantasme est le moteur du coup de foudre : « C’est ici la qualité maternante de la femme qui déclenche l’amour. »

Un roman à relire en vue de nos Journées Gai, gai, marions-nous !

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