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Bye, Sam

Bye, Sam

« Personne ne rêve que le psychanalyste est marié avec la vérité. C’est même pour ça que son épouse fait grelot, certes à ne pas trop remuer, mais qu’il faut là comme un barrage.

Barrage à quoi ? À la supposition qui serait le comble : de ce qui ferait le psychanalyste fiancé à la vérité.

C’est qu’à la vérité avec il n’y a pas de rapports d’amour possibles, ni de mariage, ni d’union libre. Il n’y en a qu’un de sûr, si vous voulez qu’elle vous ait bien, la castration, la vôtre, bien entendu, et d’elle, pas de pitié. […]

C’est que de la vérité, on n’a pas tout à apprendre. Un bout suffit : ce qui s’exprime, vu la structure, par : en savoir un bout. »[1]

Jacques Lacan, « Radiophonie »

Voici venu le moment venu de clore S’aile à mourre – Sam, comme nous en étions venus à l’appeler affectueusement. Pour ses lecteurs, la lettre volante des J48 s’est faite porteuse de bouts de savoir sur le thème des Journées, grâce aux deux cents articles, interviews ou vidéos qu’elle a publiés.

On a pu y voir, notamment, pourquoi le mariage est « une forme de discours qui résiste de façon si surprenante au déclin du phallocentrisme et du patriarcat »[2], en ce qu’elle s’avère particulièrement propice à accueillir les symptômes du non-rapport et les modes de nouages qui y répondent. Qu’à bien y regarder, se dessine dans l’apparente routine du conjungo une véritable « psychopathologie quotidienne de la vie sexuelle »[3]. Ou encore, que le mariage est à la fois « l’effet de vérité du type de lien social imposé par un état du discours du maître », et, bien plus intimement, « l’emboîtement de deux symptômes singuliers qui déteignent et construisent ainsi un monde particulier, l’atmosphère familiale »[4]. Mais aussi, que le jaloux est bien plus intéressé par la logique du mensonge que par la question de la vérité, qu’on peut se savoir divorcé sur un seul mot malheureux de son partenaire. Qu’on peut être mariée avec Dieu sans rien éprouver qui soit de l’ordre du sublime ou de l’extase, que l’on peut renouer avec le sentiment de la vie grâce au trivial d’une scène de ménage. Qu’il est logique que certains tyrans domestiques aient été autrefois les plus tendres amoureux, ou qu’une femme qui se dérobe cherche paradoxalement à faire exister le rapport sexuel…

Que l’équipe de rédaction et d’édition, les responsables de rubrique et des éditions spéciales, les éditorialistes, l’équipe de Lacan TV et enfin tous les contributeurs soient ici remerciés.

Si Sam a spécialement consacré son exploration aux entours du thème des J48, samedi et dimanche prochains, nous entrerons dans le vif de ce que l’expérience analytique nous apprend du mariage et de la sexualité. Gai, gai, hâtons-nous !

[1] Lacan J., « Radiophonie », Autres écrits, Paris, Seuil, 2011, p. 442.

[2] Sokolowsky L., « Le mariage sens dessus dessous », le blog des J48, https://www.gaimarionsnous.com/2018/07/27/le-mariage-sens-dessus-dessous/

[3] Zuliani E., « Comédies et drames de la vie conjugale », le blog des J48, https://www.gaimarionsnous.com/2018/07/27/comedies-et-drames-de-la-vie-conjugale/

[4] Brousse M.-H., « Le mariage comme effet de vérité », le blog des J48, https://www.gaimarionsnous.com/2018/05/08/le-mariage-comme-effet-de-verite/

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